Le billet de Jean-Jacques #été2022

Sur les chemins, à l’école d’Ignace de Loyola …

Le petit Robert donne des définitions très éclairantes du terme « chemin ».
Ainsi il parle d’un « espace parcouru par un corps en mouvement. » et de manière plus générale d’une « direction vers laquelle aller … ».
Or pour Ignace de Loyola la sainteté à la suite du Christ est d’abord un chemin d’incarnation…

Nous savons que le but des Exercices spirituels consiste bien à être plus libre
pour mieux choisir et que la liberté s’exprime dans le corps. Prendre de l’exercice, comme on dit, est tout à fait libérant. Cela assouplit, fait respirer, dilate – autant de verbes qui évoquent la consolation et l’action de l’Esprit chez Ignace de Loyola ….

Pour Ignace, un exercice n’est vraiment spirituel que si le corps est sollicité, car avec lui, c’est l’affectivité, là où se forgent le désir et la volonté de l’accomplir, qui est convoquée. Ainsi conseille-t-il une activité corporelle ou une pratique physique pour mieux faire l’exercice spirituel et lui donner toute son ampleur. On se tiendra debout, assis ou à genoux selon les cas, on prendra le temps de se dépenser physiquement …

Tout est fait pour ne pas réduire l’exercice spirituel à son seul aspect mental : sont sollicitées la mémoire et l’intelligence pour les opérations consistant à s’examiner, méditer, contempler, prier. Le mental a besoin de s’aérer et de se
reconstituer avec l’aide du corps. Ignace va insister dans les « additions pour mieux faire les exercices et mieux trouver ce qu’on désire » par exemple, sur la question du sommeil (« qu’on ne retranche rien sur le sommeil qui convient. »).

Pour donner les Exercices spirituels, Ignace fait référence aux exercices corporels : les deux sont nécessaires, non pour réaliser une performance mais pour mieux se disposer à la rencontre du Seigneur qui se donne gratuitement.

 

Jean-Jacques Guillemot

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